Francisco Ruiz de Infante est un artiste « hors format », un agitateur, un déformateur, un générateur de contextes. Pour lui, l’acte de création – celui qui met en branle la « machine » et provoque l’émergence de « quelque chose » – ne se limite pas à la création d’objets figés dans des espaces tout aussi figés. Ruiz de Infante pressent que, dans les arts (et dans les vies), ce sont les courants plus ou moins souterrains (réseaux, complicités, stratégies, erreurs et réussites) qui permettent aux énergies d’exister.
Sans jamais perdre de vue la ligne poétique développée de façon souvent paradoxale dans son œuvre depuis la fin des années 1990, Ruiz de Infante, transmet ses expériences, en centrant son discours sur une vision très ouverte de la notion de « pédagogie expérimentale » et envisage la transmission comme une des facettes (et non des moindres) de la création au sens large.
Depuis 1999 il est enseignant dans Haute École des Arts du Rhin (HEAR, Strasbourg) et membre fondateur du groupe de recherche « HORS FORMAT » (arts du temps).
Ces dernières années, grâce à une intense activité menée avec des partenaires très divers, et souvent en dialogue avec la chorégraphe Olga Mesa, il a pu inventer des « formes et modes de partage » très diversifiés et constituer ainsi un solide réseau de complicités au niveau européen. Cette partie du travail s’est surtout développée via des partenariats avec des structures de l’enseignement supérieur, centres d’art, théâtres, musées, associations et festivals.
Si vous me demandez quel domaine du « monde de l’art » je trouve le plus fertile, je vous répondrais sans hésiter : celui qui contiens le mot « transmission ».
Depuis des années, et presque toujours bien entourée, je m’efforce, et continue de m’efforcer, d’inventer des stratégies pour transformer en « réalité » ce qui « semble impossible ».
Je sais par expérience que de nombreux contextes, lieux, événements et formats bien pensés sont de puissants vecteurs de débat : cours, conférences, séminaires, ateliers, performances-conférences, dîners à thème, blogs, visites guidées, discours, promenades, expositions, entretiens, spectacles, textes, cabarets, vidéos YouTube et cie, livres…
Éduquer ? Mal éduquer ? Enseigner ? Professionnaliser ? Je ne sais pas.
Apprendre et désapprendre simultanément ? Probablement.
Souvent, lorsque j’évoque mes actions dans différents domaines et les déchets qu’elles engendrent (mon travail), je dis que l’une des clés pour les aborder est de garder à l’esprit certaines « banalités » :
Intégrer le fait que les choses SONT et REPRÉSENTENT.
Savoir que chacune de nos actions RÉSOUD et PROPOSE DES ÉNIGMES.
