


9 performeurs + 10 invités (via les images et les sons)
« Mon amour se renforce, bien qu’il semble plus faible »
W. Shakespeare
Dans le deuxième volet scénique de CARMEN // SHAKESPEARE, il s’agit d’interpréter et d’être traversé par un mythe qui n’est pas là… Le CONFLIT, lui, est au rendez-vous.
Carmen ? Shakespeare ? Et si le toréador était pluriel ? Et si le conflit faisait aussi partie de l’amour ?
Ici la Machine a beaucoup trop grandi ; elle a appris à multiplier les présences.
Ici la fragilité des relations entre nos personnages est extrême et devient parfois violente. L’homme et la femme ne sont plus seuls. Maintenant ils sont « accompagnés » par la figure multiple du « Trois » ; une figure extrêmement complexe incarnée par six corps générateurs de malentendus.
Ce second volet de la saga est celui des tests de résistance multiples, des répliques et des présences instables. Leurres audiovisuels et protocoles chorégraphiques savamment agencés s’intéressent aux ondes de choc.
Comme toujours dans nos travaux récents, un intérêt particulier est porté à l’utilisation de différentes sources d’images (images en temps « réel », séquences du passé proche ou lointain, images de la mémoire collective…).
En lien avec le travail sonore, une particularité de cet acte est la non adéquation espace-temps de ce qu’on voit et ce qu’on entend. Le rapport au « maintenant » est hautement troublé pour compléter et détourner les actions du « ici » du plateau.
Cette expérience scénique s’affaire sous des éclairages un peu trop jaunes, des grilles en fer trop brillant et des sonorités très dynamiques. Ici la tension devient palpable, la jalousie est là et la fiction s’accélère pour reprendre ses droits.
Malgré tout et surtout, L’Acte Manqué de CARMEN // SHAKESPEARE parle encore de relations humaines ; de désir, d’amour, de pouvoir… et des dégâts collatéraux occasionnés lorsqu’on franchit certaines limites.