“La construction du Puzzle” -parcours d’installations-.
Commissaire : Javier González de Durana
Musée Guggenheim. BILBAO
2000







“Prologue Leçons de Survie”
1997 (environnement)
Architecte de l’imaginaire, Francisco Ruiz de Infante construit inlassablement des environnements sur les décombres de nos angoisses et de nos traumatismes. Ses installations audiovisuelles, perpétuellement hantées par les bêtes noires que nous nous efforçons depuis l’enfance de domestiquer, éprouvent sans cesse nos sens mis en éveil. Elles guettent, pour s’en nourrir, les moyens qu’instinctivement nous allons déployer pour nous préserver. Elles cultivent notre animalité en rêvant à l’évolution de l’humanité.
Chistelle Kreder


“AXE“
1997 (environnement)


“Construction de Symétrie“
1997 (installation)
Description : Dans cette pièce, le sol a été recouvert de plaques de plâtre. En raison de la manière dont les dalles ont été posées (sur de fines lattes de bois), le sol blanc se brise littéralement sous les pieds des spectateurs, produisant des fissures inquiétantes.
Au centre, deux tables et deux chaises en bois. Les tables sont équilibrées sur des blocs de bois (seuls trois de leurs pieds touchent le sol).
Au-dessus des tables, deux grands ventilateurs à leur puissance maximale font vibrer les tables, créent de forts courants d’air dans la salle et produisent un bourdonnement sourd audible dans toute l’exposition.


“Piège“
1997 (installation vidéo-son interactive). Collection FRAC Alsace
Description : Après avoir poussé la porte de Piège, après avoir accepté, entre délice et effroi, de défier à la fois notre conscience et notre inconscience, nous voici livrés à nous-mêmes, victimes quasi désarmées de notre propre audace. L’espace qui s’ouvre à nous est blanc, lumineux, silencieux. Divisé par une poutre éventrée, il nous rend attentifs au caché, à ce qui existe en dehors de nous, malgré nous.
Nous avançons alors à l’affût d’un danger probable – attesté par les débris au sol – dont, entre fragilité et sauvagerie, nous ignorons encore la nature. Au gré de notre imprudente déambulation, l’obscurité se fait, un instant, nous jetant en pâture à l’image d’une mite démesurée, heureusement prisonnière d’un vol immobile. L’observation de ce papillon nocturne est aussitôt rendue malaisée par le déclenchement simultané d’un son strident.
Lorsque l’infiniment petit devient menaçant et nuisible, nous nous métamorphosons en bêtes traquées, proies d’un univers hostile qui se repaît de nos dégoûts et de nos phobies. Mais une fois le piège déjoué, une fois la cellule de présence détectée, l’apparition de l’insecte n’est plus dépendante que de notre témérité. C’est à nous qu’appartient désormais le choix de nous contenter de la contemplation silencieuse et stérile de nos conflits larvés ou de nous confronter à la difficulté assourdissante d’apprivoiser nos peurs, au risque de nous prendre à notre propre piège.


“Mémoire et Turbulences”
1997 (environnement vidéo-son)






Description :
1. Une spirale orthogonale construite sous la forme d’un très long couloir (48 m) nous conduit dans un environnement tamisé vers un centre étrange : Le lieu d’où provient un son profond et puissant audible de tous les points de l’installation. Chaque fragment du couloir a été construit d’une manière différente (bois, carton, cannes de bambou…)
2. Au centre de la spirale se trouve une pièce éclairée par une lumière laiteuse qui contraste avec l’atmosphère jaunâtre du couloir. À l’intérieur se trouve une table et une chaise construites en utilisant la même structure que le parquet qui recouvre le sol. Sur la table un verre d’eau que frissonne à cause des sons graves. Sur le mur, une petite projection vidéo : l’image d’un orage dans l’océan.





















